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Drivers Stars du Trot Français : Bazire, Nivard, Goop, Duvaldestin

Drivers Stars du Trot Français : Bazire, Nivard, Goop, Duvaldestin

Portrait des drivers stars du trot attelé français en 2026 : Jean-Michel Bazire, Franck Nivard, Björn Goop, Clément Duvaldestin, Éric Raffin et les légendes historiques.

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Dans l’univers du trot attelé, la lumière des projecteurs se pose presque toujours sur les chevaux. On retient Ourasi, Bold Eagle, Face Time Bourbon, Hokkaido Jiel, des noms qui résonnent comme des légendes. Pourtant, derrière chaque grand champion se trouve un homme assis dans le sulky, les rênes entre les mains, qui décide à chaque instant du destin de la course. Ce professionnel, c’est le driver.

Conduire un trotteur à haute vitesse sur les 2 700 mètres de l’hippodrome de Vincennes réclame une maîtrise technique rare : placer son cheval dans la bonne position, gérer l’effort, savoir résister à la tentation d’attaquer trop tôt, trouver la trajectoire idéale dans les dernières foulées d’une course qui peut basculer en quelques centièmes de seconde. Un driver exceptionnel peut faire la différence entre une défaite honorable et une victoire mémorable. Les classements officiels publiés par Le Trot et relayés par PMU illustrent chaque année la domination d’une élite restreinte sur les épreuves majeures.

Ce portrait collectif rend hommage aux hommes qui, génération après génération, ont fait la grandeur du trot attelé en France. Pour approfondir leur impact sur les performances, l’article analyse des jockeys et drivers offre un éclairage complémentaire.


Jean-Michel Bazire, l’homme au record de victoires

Né dans la Sarthe en 1971, Jean-Michel Bazire est la figure centrale du trot attelé français des deux dernières décennies. Surnommé « JMB », il s’impose dès la fin des années 1990 comme le meilleur driver de sa génération, raflant le Sulky d’Or (titre de meilleur driver de la saison) sans discontinuer de 2000 à 2018, une domination quantitative sans précédent dans l’histoire du trot français. En 2006, il établit un record en inscrivant 345 victoires en une seule saison, et il franchit la barre symbolique des 6 000 victoires en carrière en 2018. À l’horizon 2026, son compteur tutoie les 7 500 victoires, un seuil que peu de drivers atteindront jamais.

Au Prix d’Amérique, la plus grande course de trot du monde, Bazire s’est imposé à cinq reprises : en 1999 avec la championne américaine Moni Maker, en 2004 avec Kesaco Phédo, en 2015 avec Up and Quick, en 2019 avec Bélina Josselyn, et en 2023 avec Hooker Berry. Cinq victoires avec cinq chevaux différents, un exploit qui illustre parfaitement sa polyvalence et sa capacité à s’adapter à tout type de coursier.

Son style de course est reconnaissable : patient, stratège, capable d’attendre le bon moment avant de déclencher l’accélération finale. Sa lecture de course, forgée par des dizaines de milliers de kilomètres de compétition, lui permet d’anticiper les mouvements adverses avec une précision presque instinctive. Reconverti entraîneur, il a transmis le flambeau à son fils Nicolas, vainqueur du Prix d’Amérique 2022 avec Davidson du Pont à seulement 21 ans, prolongeant ainsi la dynastie Bazire sur l’épreuve reine.

Au-delà du Prix d’Amérique, le palmarès de JMB en France comme à l’international (Suède, Italie, Pays-Bas) confirme son statut de driver de référence mondiale du trot attelé contemporain. Les statistiques Le Trot le classent invariablement dans le top 3 des drivers les plus rentables pour les écuries qui font appel à ses services.


Franck Nivard, le virtuose

Si Bazire est l’homme du record quantitatif, Franck Nivard, originaire d’Avranches dans la Manche, est lui le virtuose de sa génération, celui que ses pairs surnomment « Francky la main froide ». Né en 1979, il gravit les échelons avec une régularité implacable, jusqu’à dépasser les 4 000 victoires en carrière en 2025.

Au Prix d’Amérique, son bilan est exceptionnel : six victoires à ce jour. En 2009, il s’impose avec Meaulnes du Corta. En 2011 et 2012, il s’adjuge deux succès consécutifs au sulky de Ready Cash, l’un des plus grands trotteurs français de l’histoire. En 2016 et 2017, il réédite ce doublé avec Bold Eagle, fils de Ready Cash, un cas quasi unique dans l’histoire de la course. Cette double dynastie père-fils, gagnée sous ses rênes, signe une connivence rare entre un driver et une lignée. Le palmarès officiel publié par Le Trot confirme cette série remarquable.

Son style est aux antipodes du spectacle facile. Nivard est un driver de la précision, de la finesse, de l’économie de gestes. Il impose sa volonté au cheval sans forcer, guidant plutôt que commandant, dans une communication quasi silencieuse avec sa monture. C’est cette capacité à s’effacer derrière le cheval tout en conduisant la course qui le distingue.

Le Prix d’Amérique semble lui réussir tout particulièrement : sur les grandes pistes et dans les grandes occasions, Nivard élève invariablement son niveau. Les analyses publiées par Cheval Magazine et Paris-Turf ont souligné à plusieurs reprises sa capacité à valoriser un cheval dans les phases décisives de course, un savoir-faire qui en fait l’un des drivers les plus demandés par les propriétaires européens.


Björn Goop, le maître scandinave

Le trot est un sport profondément international. Le Suédois Björn Goop, né en 1978, en est la preuve vivante : habitué des circuits scandinaves, il a fait de la France sa deuxième patrie sportive à partir des années 2010, et l’un des plus grands palmarès récents au Prix d’Amérique est désormais le sien.

Associé à Timoko à partir de 2014, il s’impose rapidement dans les grandes écuries françaises. Mais c’est avec Face Time Bourbon, entraîné par Sébastien Guarato, qu’il entre dans la légende : vainqueur du Prix d’Amérique en 2020 lors de la 100e édition historique de l’épreuve, il conserve le titre en 2021 avec le même crack. Ajoutant à cela une victoire en 2018 avec Readly Express, et désormais le succès de janvier 2025 avec Hokkaido Jiel (toujours entraîné par Guarato), Björn Goop totalise quatre Prix d’Amérique, un palmarès exceptionnel pour un driver étranger sur les pistes françaises.

Goop incarne la professionnalisation et l’internationalisation du trot moderne. Sa réussite repose sur une préparation méthodique des grandes échéances, une lecture froide des courses et une capacité à se mettre au service du cheval plutôt que d’imposer un style. Les chroniqueurs scandinaves et français s’accordent à voir en lui le digne héritier des grandes traditions du trot suédois, où la précision technique prime sur le panache.


Clément Duvaldestin, la relève

La famille Duvaldestin illustre à la perfection le modèle dynastique qui structure le trot français. Thierry Duvaldestin, le père, est l’un des entraîneurs les plus réputés de la discipline. Son fils Clément, né en 1998, a grandi au contact des chevaux avant de s’imposer comme l’un des drivers les plus prometteurs de sa génération.

La consécration arrive en janvier 2024 : à 25 ans, Clément Duvaldestin remporte le Prix d’Amérique avec Idao de Tillard, entraîné par son père Thierry. L’année suivante, en 2025, le binôme père-fils tente le doublé, mais c’est finalement Hokkaido Jiel et Björn Goop qui s’imposent, après une course extrêmement disputée. Idao de Tillard, qui terminera deuxième, reste néanmoins l’un des grands trotteurs de la génération et son association avec Clément Duvaldestin demeure l’une des références du calendrier hivernal.

À 27 ans en 2026, Clément Duvaldestin s’affirme déjà comme l’un des visages du trot français des prochaines années, alliant le talent du driver à la complicité unique d’une écurie familiale rodée. Sa lecture de course, encore en développement par rapport aux maîtres confirmés, montre déjà une maturité tactique qui annonce une carrière longue au plus haut niveau. La presse spécialisée évoque régulièrement son potentiel d’atteindre le top 3 des drivers français dans les cinq prochaines années.


Éric Raffin, l’indéboulonnable

Originaire de Challans en Vendée, né en 1981 dans une famille d’entraîneurs, Éric Raffin est l’un des professionnels les plus complets du trot français : excellent au trot attelé comme au trot monté, il a notamment remporté plusieurs fois le Prix de Cornulier, l’épreuve reine de la discipline montée disputée chaque hiver à Vincennes.

Sa domination contemporaine est éloquente : Sulky d’Or en 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023, cinq récompenses consécutives. En octobre 2024, il signe son 5 000e succès de carrière, un cap que seule une poignée de drivers au monde a atteint. Régulier aussi bien en province que sous les projecteurs de Vincennes, Raffin incarne la constance érigée en art.

Son style se distingue par une discipline quasi monacale : il ne cherche pas le coup brillant, il enchaîne les courses avec une rigueur méthodique, ce qui explique sa moisson annuelle exceptionnelle. Les bilans annuels publiés par Le Trot le classent systématiquement dans les deux premiers drivers de la saison. Son association avec l’écurie de Pierre-Yves Verva est l’une des plus rentables du circuit, et ses pourcentages de victoire en Quinté+ figurent parmi les meilleurs du peloton.


Les figures historiques

Avant Bazire et Nivard, d’autres hommes ont écrit l’histoire du trot attelé français. Leur palmarès reste une référence absolue pour tous ceux qui s’intéressent au patrimoine du sport.

Jean-René Gougeon, surnommé « le Pape de Vincennes », reste à ce jour le driver le plus titré dans le Prix d’Amérique avec huit victoires. Né dans l’Orne, il a dominé le trot français des années 1960 jusqu’aux années 1980, notamment grâce à sa complicité avec Ourasi, le trotteur considéré comme le plus grand de tous les temps, avec lequel il remporte trois Prix d’Amérique (1986, 1987, 1988). Son palmarès et son autorité naturelle sur la piste ont fait de lui une référence absolue pour toutes les générations suivantes. Le record de huit victoires qu’il détient depuis plus de 30 ans reste l’objectif inavoué de Franck Nivard, qui en compte désormais six.

Michel-Marcel Gougeon, dit « Minou », frère de Jean-René, a lui aussi marqué l’histoire avec trois victoires dans l’épreuve reine, dont une avec Ourasi en 1990, l’année des adieux du champion. Ensemble, les frères Gougeon ont remporté onze Prix d’Amérique et sept Prix de Cornulier, un record dynastique encore inégalé qui place la famille Gougeon comme la plus titrée de l’histoire moderne du trot français.

Jean-Pierre Dubois incarne une autre figure marquante : à la fois grand éleveur, entraîneur et driver, pionnier des croisements franco-américains, il a contribué à transformer génétiquement le trotteur français et a couru à un âge remarquable, témoignant d’une passion hors du commun. Son influence sur l’élevage moderne du trotteur français reste considérable, comme le rappellent les historiens de la discipline dans les chroniques Equidia.


Qu’est-ce qui fait un grand driver ?

Le driver de haut niveau ne se résume pas à tenir des rênes. Son travail commence avant la course : connaissance du cheval, étude des adversaires, anticipation tactique. Les enquêtes menées auprès des professionnels par Cheval Magazine identifient plusieurs compétences clés.

La lecture de course est la qualité la plus difficile à acquérir. Savoir où se placer, quand lancer son cheval, des décisions prises en quelques secondes dans un peloton dense à plus de 50 km/h. C’est l’art que maîtrisaient parfaitement Gougeon et que perfectionne Nivard aujourd’hui : voir la course avant qu’elle ne se déroule.

La patience et l’audace semblent contradictoires, mais les grands drivers savent alterner les deux : Nivard incarne la maîtrise froide, là où d’autres savent oser le coup tactique inattendu au moment décisif. Bazire combine les deux qualités selon les situations, ce qui explique sa longévité au sommet.

La communication avec le cheval reste l’élément le plus intangible. Certains drivers transmettent naturellement confiance et sérénité à leur monture, ce qui transforme un bon cheval en grand champion. Cette dimension presque mystique de la relation driver-cheval est régulièrement évoquée par les propriétaires qui choisissent un driver plutôt qu’un autre pour leur protégé.

La forme physique et la résistance. Driver est un métier exigeant : 250 à 350 courses par an pour les meilleurs, des déplacements constants entre hippodromes, des matins très tôt à l’entraînement. Sans condition physique irréprochable, impossible de tenir le rythme sur une saison entière.

Le sens commercial. Les grands drivers sont aussi des chefs d’entreprise. Ils gèrent leurs partenariats avec les écuries, négocient les chevaux qu’ils acceptent de conduire, équilibrent les courses prestigieuses (où ils brillent) et les courses de routine (où ils accumulent les victoires comptant pour le Sulky d’Or). Cette dimension de chef d’entreprise est devenue essentielle dans le trot moderne.

Pour approfondir l’analyse en données statistiques, consultez notre article sur les jockeys et drivers.


Le poids du driver dans l’analyse Quinté+

Pour le parieur, identifier le driver est une donnée stratégique. Les statistiques compilées par Paris-Turf montrent que les cinq drivers les plus titrés du trot français (Bazire, Nivard, Raffin, Goop, Duvaldestin Clément) capitalisent à eux seuls environ 35 à 40 % des victoires dans les courses Quinté+ disputées à Vincennes. Cette concentration n’est pas un hasard : ces professionnels héritent généralement des meilleurs chevaux, ce qui explique en partie leur taux de réussite.

Mais le driver fait aussi la différence intrinsèque. À cheval équivalent (même valeur officielle, même condition), un changement de driver peut faire varier les chances de placement de 5 à 15 points. C’est pourquoi un cheval modeste piloté par Bazire ou Nivard mérite toujours d’être étudié avec attention dans une fiche de Quinté+, surtout sur Vincennes où l’expérience de la piste joue un rôle déterminant.

À l’inverse, méfie-toi des chevaux confiés à des drivers inexpérimentés sur Vincennes, même si les cotes semblent attractives. Le raidillon de la dernière ligne droite, la piste de cendre, le peloton serré dans le tournant final : autant de spécificités qui privilégient les drivers rodés à cette piste.


Conclusion

Du « Pape de Vincennes » Gougeon aux jeunes prodiges comme Duvaldestin, le trot français n’a jamais manqué de grands drivers. Bazire a redéfini l’excellence sur deux décennies. Nivard continue d’écrire son histoire avec six Prix d’Amérique à son compteur. Raffin règne sur la régularité avec ses Sulky d’Or à répétition. Goop incarne l’internationalisation réussie. La relève, portée par Clément Duvaldestin et Nicolas Bazire, est déjà au sommet.

Ces hommes méritent d’être reconnus non comme de simples accompagnateurs de champions, mais comme des athlètes, des stratèges, des artisans du spectacle hippique. Que vous suiviez le Prix d’Amérique, le Prix de Cornulier ou les réunions quotidiennes, comprendre qui est aux rênes reste l’une des clés d’une lecture intelligente du trot.

Rappel : les paris hippiques sont un jeu d’argent encadré par l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ). La participation est réservée aux personnes majeures de 18 ans et plus. Joueurs Info Service : 09 74 75 13 13 (gratuit).


Sources

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